Joan Baez – Les Choses Les Plus Simples (mp3)
Ferme les yeux, ils transmettent cet étincellement qui éblouit mes yeux, part ailleurs je suis mal ici. Aussi loin que te mèneront tes pieds fins croquignolets, sûrement, la plus désirable paire de nougats que j'ai jamais vu, aussi blancs que l'ivoire, qui semblent n'avoir jamais été oppressés pas des tatanes, j'aurais dit qu'ils n'ont jamais fonctionné.
Aussi haut que pourront tes délicieuses mains, celles qui se délectaient aux contacts suaves se refusaient aux miennes, de vraies dextres de fée, lactescentes, aux doigts fins et grassouillets, aux ongles roses et luisants. Que j'aurais baisé comme le front de ma mère. Elles sont à vue d'un cœur captif, des menottes, elles aussi subsistassent et d'avantage que saurait être ton cœur enveloppé de chrome dans sa fermeté d'acier s'obstinant au rythme de mon palpitant ingrat tremblotant que j'aurais prié pouvoir fixer sur mes genoux et le repentir avec ces dernières gouttelettes. Si tu appliquais l'oreille à cet endroit entre ces lignes, tu entendrais distinctement deux bruits : Le premier devant, étranglé et allongé, l'autre fondamental, éclatant et abrégé, comme les tic-tac d'une montre. Un cœur que j’aurais crevé de mille coups si j'avais eu la moindre folie de te trahir. Ce cœur qui susurre, là, ce qu'il désire.
Aussi chronique et apathique que pourrait être ton ultime discours, face aux miens pourtant simples, Ah ! Si je pouvais exprimer comme je sais penser ! Bien que j'aie du cœur à l'écrit, Le procédé est long et le temps est court. Mais il est écrit là-haut que je suis entrain d'apprendre puis.. Dans ma tête, les mots se déguisent en courant d'air. J'ai ouvert ma lucarne, qui laisse entrer plus d'air fureteur, inquisiteur et curieux que de lumière. Vas-y donc, envole-toi. Comme un oiseau à tire-d'aile, tumultueusement. Comme une danseuse légère, qui paraît prête à s'envoler. Comme l'avion s'envole, malgré le brouillard. Comme mon âme qui s'envolera quand je mourrai. Comme une poussière fuyant de l'outil d'un jardinier, comme des chants agréables. Comme une prière s'envolant vers Dieu. Comme tes rancœurs, nos querelles et torts. Comme une fumée. Comme je vois s'envoler toutes mes espérances, toutes mes illusions, l'amour. Comme une passion folle, un désir après le plaisir. Comme mes cours d'écolier. Comme mes souvenirs d'enfance. Comme tes cheveux s'envolent au vent. Comme les choses simples que je t'ai dites se sont envolées. Mais... Cet écrit restera... Ne t'inquiète pas trop pour moi car sur les ailes du temps, la tristesse s'envolera... vas-y, je ne veux pas te voir chaque soir, me devancer à mon pageot, me contemplant avec tes yeux de paon écarquillés, bouche entrouverte quand tu dessines cet éternel sourire insane, ce baiser infaillible. Tes petits pieds sur mon oreiller profond, moelleux fleurant la cigarette pendant que ton auriculaire droit cherche ma bouche pour me faire taire, moi l'éternel poupon, je ne te dirais plus rien.

Quand on passe ses jours à oublier ses nuits : Joan Baez – Les Choses Les Plus Simples







