MC5 - Ramblin' Rose (MP3)
MC5 - Kick Out The Jams (MP3)
MC5 -
Pendant les années 60, sous l’influence de John Sinclair, la plupart des musiciens de Detroit étaient fascinés par le Jazz, et notamment le free-jazz cosmique de John Coltrane, Sun Ra ou Pharoah Sanders, ce dernier pratiquant une musique très influencée par l’Afrique, un sens de l’improvisation mêlé à une appréhension très percussive de la musique, venant donc directement du Jazz, mais aussi du Funk naissant de James Brown, qui avouait alors « commencer à entendre tous les instruments comme des tambours… »
Et beaucoup de groupes ont changé, dont on noterait que le légendaire MC5 était en pole-Position. En 1996 Iggy Pop se souvenait de leur métamorphose : « Quand j’allais voir le MC5 à ses débuts, c’était un groupe de reprises Rythme & Blues et British beat. Ils étaient durs, de vrais poseurs, avec un son vicieux… et deux ans plus tard, après avoir sucé un paquet d’acides, écouté du jazz et emménagé à Downtown Detroit, soudain, c’était cosmique. Les chansons étaient deux fois plus rapides, les solos blues dégagés ou légèrement décalés pour sonner supersonique. Et moi, j’écoutais ça, et j’étais terrassé. C’était ce qu’il fallait faire, simple et puissant.. »
Le MC5, Motor City Five, le plus féroce des groupes de Rock ’n’ Roll ayant jamais vu le jour. Au nom sonnant comme un numéro de série sorti d’une usine de Detroit. Quatre terreurs machistes et anti-hippies et un chanteur myope avec une coupe afro, un guitariste qui décolle a la vitesse du son, il s’appelle Fred Smith, plus tard guitariste légendaire connu sous le sobriquet de Fred « Sonic » Smith. Ensemble, ils méprisent le rock « acide » de la côte Ouest et vénèrent le free-jazz et le Rock ‘n’ Roll des années 1950. Pour eux, tous les autres groupes sont des… leurs concerts au Grande Ballroom de Detroit attirent régulièrement une foule de désaxés à l’esprit vrillé tombant comme des mouches durant les attaques guitaristiques sans pitié de Fred « Sonic » Smith et Wayne Kramer, s’envolant régulièrement dans des improvisations free d’une violence inouïe. Le MC5 en a après la police, après
Kick Out The Jams sonne encore étonnamment puissant après près de 30 ans. Enregistré live au Grande Ballroom de Detroit en 1968. Cette implacable et agressive suite offre la frénésie de politisation de Garage-Punks soufflées à travers des batteries géantes : Une guerre-éclair de roches dures enflammé par le duel de guitares de Wayne Kramer et Fred Sonic Smith et du chant étranglé de Rob Tyner. Comme des Stooges avec un trop plein d’idéaux antisyndicaux, les Cinq ont transformé Motor City en une Mecque d’excès de son et de détonation et ont détruit les rêves des hippies « hébétés » de l’Amérique. Dès le martèlement de la chanson titre de huit minutes et demie évoquant bizarrement Starship de Sun Ra, Kick Out The Jams vous déchirera la tête en petits lambeaux, un disque décoiffant, mais reste l’un des meilleurs live de tout les temps, a écouter sans drogue bien sûr, car même cette dernière a donné une affluence sans précèdent au Five, mais reste qu’elle a contribuer au gâchis de leurs talents, la brièveté de leur carrière marquées par les emprisonnements et les décès successifs.
Jeff Buckley - I Woke Up In A Strange Place (MP3) [1] [2] [3] [4]
I was torn out like pages from the book of existence
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Je me retourne sur mon oreiller en vérifiant l'heure sur mon téléphone qui indiquait six heures. J'ai clos les yeux dans l'ultime tentative de reconquérir le fils de la nuit pour me conforter des dépites de mes journées ou des consignes de leurs jouissances avant de renouer avec la persuasion odieuse, je veux dire l'hostilité de la réalité, ce matin-là, j'étais sûr que la réalité était beaucoup moins vindicative que mon cauchemar. Le bruit causé par les pas, reprends dans le couloir, cette fois-ci on a frôlé ma porte. Je me suis dit que c'est sûrement le veilleur de nuit qui fait son dernier tour des couloirs avant de vaquer à son sommeil tardif. Je me lève et j'entrebâille la porte : R.A.S.. Le couloir est bien vide et silencieux, mais comme je tenais à ma primordiale sérénité et à ce sommeil tant alterné tantôt par mes cauchemars et tantôt par ces mouvements produisant des bruissements dans un couloir vide, je me suis dit que j'ai été victime d'une erreur de mes sensations, la sapidité picrate embaumait toujours mon souffle, j'avalais malaisément ma salive et ça traduit tout. Languissant et toujours traînant des pieds, je m'approche de cette fenêtre large, convenablement élevée et nimbée de volets pour jeter un coup d'œil avant de reconquérir mon lit. Devant ma grande stupéfaction que j'ai failli crouler d'épouvante. Éberlué et yeux écarquillaient dans cet abîme où le milieu avait complètement changé, comme si, pendant la nuit un ingénieux sorcier était venu me mouvoir d'un lit d'hôtel à Bejaia vers un autre à Alger. Ce n'était plus la vue sur le port de Bejaia que j'avais devant les yeux mais plutôt le quai sud d’Alger où je peux distinguer d'ici Tarik qui a l'air de quitter la rade pour regagner son quai usuel. Et demeuré là, figé, hébété, à considérer intensément les premières lueurs d'un nouveau jour se lever sur un décor inattendu. Était-ce juste des allégories d'un lieu venant tout juste de mon cauchemar qui ce sont estompés pour disparaître si vite et laisser place à la réalité ? sinon, pourquoi ai-je pris une chambre d'hôtel ? Fallait-il y arriver, je m'arrache de ma stupeur pour me diriger vers la salle de bain, une bonne douche était de rigueur avant de m'apercevoir une fois en face de la glace que j'étais dans le costume d'Adam, dans le plus simple appareil, in naturalibus. Rapidement je me suis habillé derrière le paravent, même pas pensé de fermer la fenêtre tant j'étais pressé de me rendre à la réception pour m'enquérir de mon arrivée à cet hôtel. Après avoir posé ma rafale de questions empressées, comme je m'oublie souvent de le faire : Que, qui, quel, quand, combien, comment, où, pourquoi... J'ai fini juste et difficilement par comprendre de lui que j'étais débarqué à cet hôtel la vielle avant de sortir avec une belle femme logée a trois portes plus loin que la mienne, au retour, elle m'accotait tant j'étais mal au point. On me décidant de sortir de cet hôtel qui semble dormir encore, j'aperçois au bas de l'escalier qui conduit vers la sortie, une ombre qui s'empressait de refermer la porte derrière elle, même si je ne l'ai vue que de dos, elle me paraissait familière. Sans réfléchir je me suis lancé à sa traque. Dehors, la rue était dépeuplée, Alger semblait dormir encore car assurément c'était un jour de fin de semaine, je remonte la rue Larbi Ben M'hidi puis la rue Abane Ramdane en traversant par la rue Tanger. Nulle part je rejoignais indice de la fuyarde quand haletant je finis par m'arrêter, m'attablé dans un coin du grand Tonton Ville, la cigarette avait un si bon goût avec ce café matinal que je m'en délectais tout en furetant curieusement des yeux autour de moi le remous pittoresque de la ville. Parmi toutes ces trombines qui surgissaient, tantôt par ci tantôt par là, vacantes à leurs servitudes. Nulle ne m'évoquait la silhouette pourchassée et puis, est-ce vraiment Wassila ? il me semblait avoir vu sa petite chevelure blonde quoique la distance ne fût pas grande, mais c'est le bas de l'escalier qui était sombre. Mais qu'est-ce qui me fait dire que c'était elle ? oui, la fragrance que j'avais inhalé en descendant de l'escalier avait bien stimulé la révélation de mes narines. ...
Quand mes meilleures intentions deviennent des accidents : 
Jeff Buckley – I Woke up In a Stranger Place

Stars – The Night Starts Here (MP3)
Stars – Take Me to The Riot (MP3)
Stars – In Our Bedroom After The War (MP3)
La romance déborde d'une force capable d'éclipser tous bidules susceptibles de la détruire, ainsi que tous les restes de la tristesse dans l'accalmie suite a une querelle. Le dire, si seulement la vie été aussi engageante qu'une douzaine de chansons pop, on l'aurait sûrement siroté en boucle, avec résolution et grande délicatesse, on n'aurait loupé pour rien d'autre certainement aucune note. Mais bon, même si jusque-là ce n'est pas encore le cas, l’on se dit toujours qu'après toutes fins, il doit y avoir une nouvelle partance, à partir d'une nuit sombre et morose passée à poursuivre des ombres, tantôt bras déplié sur la surface de l'autre côté du lit tentant de rabibocher la mémoire de la peau avec celle d'une illusion. Tantôt en tapinois derrière une fenêtre close a tous jamais, contemplant le vide que font tous ses corps mobiles qui avancent en pas routiniers vers des fins dissemblables, emmitouflement fagoté d'une carapace de plus en plus épaisse chaque soir, Heureusement inéluctable quand on finissait par se rendre à l'évidence. Même si l'escarmouche est finie, tu ne connaîtras jamais la paix, on t'avait spolié même de ça, d'une concise et suprasensible pensée d'un beau souvenir, tu auras constamment ce regard détourné quand un cheveux blond délaissé sur un guéridon dans un café te fait rappelé que ton hier n'était pas du tout radieux. Qu'il fait toujours nuit et que tu dois rejoindre ton lit d'après guerre, tu ne seras pas seul, il y aura tes noires pensées, tu pourras même entendre des sourires, voir des mots s'articuler sur deux petites amandes. Rescapé, tu survivras pour voir un, autre, lendemain même si tu n'es plus bidasse, c'est ta seconde vie dans laquelle tu peux même voir des binettes en plein obscurité.
"Quelle est la situation la plus sombre possible, que je pouvais essayer de transformer en une belle chanson pop ?" se demande Torquil Campbell leader des Stars. "C'est la nature de ma mission à cet album. Si vous pouviez faire des films d'horreur qui pouvaient être comme des histoires d'amour, ce serait mon ultime genre."
Bien que la formation de Stars, dirigée par Amy Millan et de Torquill Campbell n’a pas du tout l’ambition de changer le monde, on notera cette tendance vers un pop trop romantique et littéraire, peu expérimentale mais joliment classieuse. Avec une musique adéquate a la narration et une finesse dans les arrangements, ce qui fait que In Our Bedromm After The War donne une sensation trouble et pacifique à la fois, il n’apporte rien de nouveau à la musique pop, mais très agréable a l’écoute quand on a ce besoin qui revient de temps a autre d’apprécier une musique simple, faite par un groupe qui n’a pas du tout la prétention de réinventer le monde.
Donc, si on pense bien comprendre les choses, il s’agit du fait d’accepter les choses, les apprécier telles quelles, ce réconcilier avec, puis si d’un beau matin on se réveille, on dira gentiment bonjour à la personne allongée à côté de nous, sinon s’il n ya personne, l’on se dira qu’au moins la guerre est finie, on est toujours là et c’est déjà ça.
Wake up! Say good morning to that sleepy person lying next to you
If there's no one there, then there's no one there, but at least the war is over
It's us - yes, we're back again, here to see you through, 'til the days end
And if the night comes, and the night will come, well at least the war is over







