Jeff Buckley - New Year’s Prayer (MP3)
Voix, sons et lumières pour oublier tes funérailles: Jeff Buckley – New Year’s Prayer

The Rolling Stones – As Tears Go By (MP3)
Marianne Faithfull – As Tears Go By (MP3)
The Rolling Stones – That Girl Belong To Yesterday (MP3)
Gene Pitney – That Girl Belong To Yesterday (MP3)
Il est un nœud irréductible au sein des Rolling Stones, celui que forment Mick Jagger et Keith Richards depuis qu’ils ont commencé à composer ensemble, et c’est au mot anglais songwriter qu’ils conviennent mieux parce qu’il souligne et c’est sûrement la cause de la réussite du groupe ce qui m’amène à y prêter attention.
La principale métamorphose des Rolling Stones se situe après le passage de Jagger et Richards de la création assimilatrice à la création délibérée et pour se faire, trois années étaient nécessaires. Entre 1962 et 1965 Jagger et Richards ont écrit une bonne vingtaine de chansons étroitement liées à la musique noire comme Empty Heart, What a Shame et d’autres en formes de ballades plus légères comme Congratulations. Une partie a bien marqué le style achevé du groupe tel le cas de Tell Me première composition originale qu’aient enregistré les Rolling Stones, de Off The Hook et de Heart of Stone, dans ces morceaux apparaît déjà un sens du climat qui n’avoue ses sources qu’assez lointainement, il semble néanmoins que les deux partenaires aient acquis de façon tardive une pleine confiance en eux-mêmes. On les prenait apparemment guère au sérieux sur ce plan, et selon Jagger, fidèle à son cynisme préventif : Je n’y penserais pas beaucoup, de plus les rares chansons de leur cru auxquelles le show business adressait quelques éloges étaient en général des complaintes sans méchanceté, comme That Girl Belongs To Yesterday écrite pour Gene Pitney ou As Tears Go By écrite pour Marianne Faithfull dont l’éloge avait en l’occurrence pour principale motivations un succès commercial satisfaisant et le soulagement de pouvoir affilier les Rolling Stones à une autre chose qu’a une intraitable révolte.
Mes richesses ne peuvent tout acheter Je veux entendre les enfants jouer En n’entends que le son De la pluie qui frappe le sol C’est le soir du jour Assis, je regarde les enfants qui jouent Comme je le faisais, Et qui pensent que leurs jeux sont nouveaux
Bob Dylan – The Man In Me (MP3)
The man in me will hide sometimes to keep from bein' seen
«L’homme silencieux est immature» avait dit la femme de mon rêve. Voilà plusieurs nuits, ces rafraîchissantes ténèbres auxquelles mes yeux sont habitués, que j’essaye, sans aucune chance de succès, de chasser cette phrase qui, depuis, comme un dessin ou un slogan, hante mes pensées et y fait un écho céans. Elle a dit ça parce que pendant plusieurs nuits de ses visites nocturnes indéfiniment remises, quand son corps sauvagement beau –dont j’ai toujours envie d’en prendre soin mais que je tiens a le garder loin et ne le mériter que par mes pensées- vient traduire par une virtuosité chorégraphique inouïe, ses idées folles et explicites, dans un vide noir qui nous entourait. Je ne disais rien, peut être par peur qu’elle se fâche et ne revienne plus comme la fois où je lui ai dit : « idiote.. sensation ». C’est vrai que je n’ai pas une super tête comme la sienne, je dis ça parce que je pense que même si je n’ai rien dit, à part ça, elle a bel et bien fini par m’extorquer, par le moyen de ses farandoles, beaucoup de pensées, ces paroles intérieures abondantes et involontaires, que je ne sais par quelle force parvient elle toujours à les lire. Mais comment n’a-t elle pas pue comprendre, tant que mon état était permanent, qu’avec ces deux mots que j’ai dégoisé si difficilement, je cherchais à me décrire moi-même ? Oui, surtout quand je pense à cette nature, l’homme a habitude d’assommer la femme par le désir qu’il lui procure, la femme par contre assomme l’homme avec sa tendresse, comment n’a-t elle pas compris que j’étais là assis sur le même siège, ébloui bouche bée ne sachant quoi faire : L’assommée, ou me laisser assommer ? est-elle satisfaite ainsi ? jouit elle de ce bonheur de me voir jouir du bonheur qu’elle me procure ?
Je crois que je n’ai que trop réfléchi à sa phrase et cela m’a permis d’avoir le grand plaisir de me connaître mieux, sûrement comme jamais. Maintenant qu’elle est loin traînant derrière elle ses désirs, en moi il n’y a aucun instinct, donc voilà une idée que je m’aventure d’écrire blanc sur noir, cette phrase, la sienne, a pour but de redéfinir l’homme, tente de redonner à l’homme sa juste valeur puis le replacé exactement là où il devait être depuis toujours. Veut elle dire que l’homme par sa pensée et sa parole se distingue du troupeau animalier ? le rapprochement de la vérité de l’homme avec la parole n’est pas déjà une surélévation de son existence et un renouvellement de son identité ? Les mots sont son moyen pour s’exprimer d’une façon noble et l’unique clef au cœur de son amante, à ce sujet, je crois pouvoir voir de là, la main du premier homme qui se tend pour cueillir la première fleur sauvage et l’emmener à sa femelle qui l’attend à leur taverne, pour qu’il lui dise : « Je n’ai rien pu chasser aujourd’hui pour manger, mais je t’ai ramené cette belle créature que j’ai aperçu dans un buisson, ça m’a rappelé ton beau sourire mon amour ».
C’était peut-être le premier cadeau dans l’histoire, spontané par une pensée qui à rapprocher l’éclosion d’une fleure au sourire d’une femme, exprimé par la parole, tout le secret, savoir la dire et quand la dire permettrait de déplacer la roche ensorcelée pour arriver aux caisses de perles et de corail, aux houris obturées dans les palais paradisiaques. Mais moi, là, je suis persuadé que tant qu’il y aura des couchers de soleil qui hâleront la coraline, et des océans qui brodent le bleu, des étoiles qui fuient leurs gîtes pour habiter mon oreiller. Tant qu’il y aura des yeux foncés où la nuit se cherche elle-même.. Tant qu’il y aura des sentiers et promenades qu’on n’a pas marché, des rendez-vous non donnés.. Tant qu’il y aura des vents qui soufflent... des soleils qui tourent, des étoiles groupées en grappes lumineuses.. Tant qu’il y aura un seul collier au creux de ma dulcinée que je n’ai pas encore découvert la couleur de ses graines, tant qu’il y a dans sa garde-robe une nippe que ma curiosité n’a pas atteint.. tant qu’il y aura des choses, de toutes petites choses qu’elle possèdes, ses flacons, ses parfums, ses peignes et ses yeux .. ces deux lanternes allumées, qui allument ma vie, et cette bonté qui se réveille chaque matin sur son lit et sur ces choses délaissées, c’est comme le monde se réveille avec son feu et sa cendre en image d’une écharpe qu’elle a abandonné, comment les soirées se dégringoles des prunelles de ses yeux qui me noiera dans une nuit imprégnée de lumière.. et d’une lumière imprégnée de nuit jusqu'au point où je ne saurais quand commence la nuit et quand fini le jour. Tant qu’il y aura ça et tout ça, je ne trouverais la parole, je serais toujours assommé, exactement comme un homme devant la femme qu'il assomme.
Jeff Buckley - I Woke Up In A Strange Place (MP3) [1] [2] [3] [4]
I was torn out like pages from the book of existence
...
Je me retourne sur mon oreiller en vérifiant l'heure sur mon téléphone qui indiquait six heures. J'ai clos les yeux dans l'ultime tentative de reconquérir le fils de la nuit pour me conforter des dépites de mes journées ou des consignes de leurs jouissances avant de renouer avec la persuasion odieuse, je veux dire l'hostilité de la réalité, ce matin-là, j'étais sûr que la réalité était beaucoup moins vindicative que mon cauchemar. Le bruit causé par les pas, reprends dans le couloir, cette fois-ci on a frôlé ma porte. Je me suis dit que c'est sûrement le veilleur de nuit qui fait son dernier tour des couloirs avant de vaquer à son sommeil tardif. Je me lève et j'entrebâille la porte : R.A.S.. Le couloir est bien vide et silencieux, mais comme je tenais à ma primordiale sérénité et à ce sommeil tant alterné tantôt par mes cauchemars et tantôt par ces mouvements produisant des bruissements dans un couloir vide, je me suis dit que j'ai été victime d'une erreur de mes sensations, la sapidité picrate embaumait toujours mon souffle, j'avalais malaisément ma salive et ça traduit tout. Languissant et toujours traînant des pieds, je m'approche de cette fenêtre large, convenablement élevée et nimbée de volets pour jeter un coup d'œil avant de reconquérir mon lit. Devant ma grande stupéfaction que j'ai failli crouler d'épouvante. Éberlué et yeux écarquillaient dans cet abîme où le milieu avait complètement changé, comme si, pendant la nuit un ingénieux sorcier était venu me mouvoir d'un lit d'hôtel à Bejaia vers un autre à Alger. Ce n'était plus la vue sur le port de Bejaia que j'avais devant les yeux mais plutôt le quai sud d’Alger où je peux distinguer d'ici Tarik qui a l'air de quitter la rade pour regagner son quai usuel. Et demeuré là, figé, hébété, à considérer intensément les premières lueurs d'un nouveau jour se lever sur un décor inattendu. Était-ce juste des allégories d'un lieu venant tout juste de mon cauchemar qui ce sont estompés pour disparaître si vite et laisser place à la réalité ? sinon, pourquoi ai-je pris une chambre d'hôtel ? Fallait-il y arriver, je m'arrache de ma stupeur pour me diriger vers la salle de bain, une bonne douche était de rigueur avant de m'apercevoir une fois en face de la glace que j'étais dans le costume d'Adam, dans le plus simple appareil, in naturalibus. Rapidement je me suis habillé derrière le paravent, même pas pensé de fermer la fenêtre tant j'étais pressé de me rendre à la réception pour m'enquérir de mon arrivée à cet hôtel. Après avoir posé ma rafale de questions empressées, comme je m'oublie souvent de le faire : Que, qui, quel, quand, combien, comment, où, pourquoi... J'ai fini juste et difficilement par comprendre de lui que j'étais débarqué à cet hôtel la vielle avant de sortir avec une belle femme logée a trois portes plus loin que la mienne, au retour, elle m'accotait tant j'étais mal au point. On me décidant de sortir de cet hôtel qui semble dormir encore, j'aperçois au bas de l'escalier qui conduit vers la sortie, une ombre qui s'empressait de refermer la porte derrière elle, même si je ne l'ai vue que de dos, elle me paraissait familière. Sans réfléchir je me suis lancé à sa traque. Dehors, la rue était dépeuplée, Alger semblait dormir encore car assurément c'était un jour de fin de semaine, je remonte la rue Larbi Ben M'hidi puis la rue Abane Ramdane en traversant par la rue Tanger. Nulle part je rejoignais indice de la fuyarde quand haletant je finis par m'arrêter, m'attablé dans un coin du grand Tonton Ville, la cigarette avait un si bon goût avec ce café matinal que je m'en délectais tout en furetant curieusement des yeux autour de moi le remous pittoresque de la ville. Parmi toutes ces trombines qui surgissaient, tantôt par ci tantôt par là, vacantes à leurs servitudes. Nulle ne m'évoquait la silhouette pourchassée et puis, est-ce vraiment Wassila ? il me semblait avoir vu sa petite chevelure blonde quoique la distance ne fût pas grande, mais c'est le bas de l'escalier qui était sombre. Mais qu'est-ce qui me fait dire que c'était elle ? oui, la fragrance que j'avais inhalé en descendant de l'escalier avait bien stimulé la révélation de mes narines. ...
Quand mes meilleures intentions deviennent des accidents : 
Jeff Buckley – I Woke up In a Stranger Place

The Velvet Underground – Femme Fatale (MP3)
Shes going to smile to make you frown, what a clown
Before you start, you’re already beat / she’s gonna play you for a fool, yes its true
Et si je dis une fois de plus « mon amour » ? Ces mots sont tout aussitôt prisonniers, comme moi-même, de cette réalité d’absence. Ton absence est aussi pour moi, un perpétuel rappel à l’ordre. À l’ordre des sours-muets-aveugles paralysés de silence et de distance. Manger dormir, s’oublier à rire brièvement, regarder ce ciel, même en en détournant aussitôt un regard blessé, tout cela me paraît frappé d’indécence. Le sentiment ne me quitte plus de te trahir à chaque instant, d’une trahison fondamentale. Sûrement parce que je me persuade, que tu n’aurais pas, toi, supportée mon absence, ton absence ou ce qui rend vénéreux l’air et le pain, les sourires, la saison en cours, la mer, l’amitié et la musique. L’amour, cet espace facile et chaleureux, c’était d’abord en moi qu’il se développait. Tu parlais à mots dorés de cœur et ta voix était pollen, fécondant ce qu’elle touchait en moi, pendant que j’occupais à l’aise ma respiration.
Ce qu’il en est aujourd’hui, de cet espace en moi, faut-il le dire ? Mon amour.. Le sens-tu, que je prononcer ces mots à bouche effondrée, à gorge exiguë ? Que je les hasarde plus que je ne les impose ? Des semaines durant, c’est là, ma seule image de toi parce que mon travail me requiert, parce qu’il ne fait ni beau ni mauvais temps, mais aussi sans doute par une sorte de distraction inconsciemment entretenue, comme si l’être sentait qu’il ne pouvait se permettre d’affronter, à longueur de temps, ta vérité présente. Une heure souvient toujours, pourtant, ou ce n’est plus ton absence, c'est-à-dire, au fond, ton visage et ton corps d’autrefois que je vois, que j’éprouve de toute ma peau… un jour vaste à pleine nuque m’accueille, au matin, à moins qu’une averse ne s’abatte, brève et furieuse.
À quoi bon feindre ? Je te sens bien, me tirer par la manche : « Viens, occupe-toi un peu de moi.. » pour la première fois depuis que nous nous connaissons, doucement, je le voudrait, tu sais ? De manière étrange, j’ai maintenant tout mon temps, aucune tâche n’est urgente.. Comment, quand tu étais présente, ne l’ai-je pas compris ? Je le voudrais, seulement, je suis devant toi, comme devant un grand mirage qu’on ne peut toucher.
Ce qui te tient lieu de regard m’interroge et me prie, et moi je suis là, impuissant, sachant qu’on ne peut plus rien pour NOUS, mon amour ! Me faudra-t-il te laisser partir indéfiniment ?
Je me demande à peine, est-ce la pitié de moi, ou est-ce l’horreur de nous ? Je me suis retranché un instant derrière mon orgueil quand je ne te crus que blessée, je me préparais avec une provision de tendresse, à t’affronter fâchée pour la vie peut-être et que je t’aimais alors ? Cela n’a rien changé ! Nous sommes ici à l’extrême degré de dérision de ce que je voulais qu’on soit, dans l’envers que tu étais paresse de mes touches, doux sourires insensés, alors que tu avais fraîcheur et saveur d’un poisson de roche…
Il n’est pas vrai que je te vois, je ne suis pas sorcier, je t’imagine malaisément et cela vaut mieux sans doute, car, qui parmi ceux qui t’ont aimée, encore, ceux qui t’aiment toujours.. Pourrait supporter ta vérité distante, et celle du futur ? Je t’imagine et j’ai grands soins d’écouter le mot Belle et le mot Délicieuse, sont les plus bénins de ceux qui se proposent..
Je ne sais plus si tu me cries « ne m’appel plus » ainsi que tu m’avais dit le jour ou tu disais être loin de me mériter, une autre façon de dire que je ne te mérite pas, je le pense, moi aussi, je ne te mérite guère. Y aura-t-il suite des jours plus rassurants qui après ton absence ? Ton absence n’est point la seule amertume qui m’empêchait à dire, « il fait beau aujourd’hui ». Tu le vois, je me tiens en porte-à-faux, à la frontière du présent et du révolu, du vrai et de l’illusion, soutenant au-dessus de cette frontière même tantôt, la pression de mon amour vivant, et tantôt, retiré des décombres d’un amour que tu as déserté. Il n’est pas vrai que je te soutienne, quand c’est le présent qui l’emporte, je subis, atterré, l’envahissement de mon être par ta béate personne au point de ne savoir démêler ce qui t’appartient et ce qui relève, encore de ma vie gangrenée. Néanmoins, je suis d’accord avec toi, j’ai péché, trop même, je suis entièrement d’accord avec toi, les mains qui m’étouffent chaque soir ne sont que les mains du monstre qui vit au fond de moi. Mais dis-moi, est-ce un péché encore, de vouloir me confesser dans tes bras ? J’ai préféré le faire entre tes mains, plutôt qu’entre celles d’un prêtre qui ne sait même pas duquel des quatre évangiles va-t-il prêcher. Tu été mieux placée que lui, enfin je le pensais. Même si, comme toutes fois, quand j’avais besoin de me confier à Dieu, je n’avais besoin d’un intermédiaire, ni de toit d’ailleurs, je lui demande pardon partout, tout le temps, mais surtout quand je m’apprête à me livrer à la mort éphémère.
Chapeau bas, tu as sue identifier mon malaise et ses résurgences, mais je me demande, qu’as-tu pour m’aider a sortir de la, penses-tu que ce n’est pas ta tâche ? Encore cette certitude qui m’étreint.
A présent, laisse moi, je vais seul, que ces mots aient pris, avec les autres la consonance la plus amère. Je vais seul.. Je crains que cela ne traduise guère la très lente et la très marne déambulation intérieure ( la présente ) qui est la mienne, même si l’apparence est celle d’un Homme qui a projets et surtout besoins. C’est sûrement une fausse, une infinie contemplation des… mains et des sourires…







