Lundi 20 juin 2011
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Tim Buckley – I Never Asked to be Your Mountain (MP3) (chaire de poule garantie)
You didn't understand my love, You don't know why I try, And the rain was falling on that
day, And that's the reason why.
Entre une lippée de café et une taffe de cigarette dont trépide pour tomber la
cendre exsangue, j’espère qu’il me reste assez de temps pour écrire quelques vaines éloquences à l’attention de Mlle Foedera. Je verrais bien, j’essayerais donc. Si je n’y arrive pas, tant
pis, et qu’importe ! Le contexte est déjà très peu avantageux. Si j’y parviens, tant mieux, et qu’importe aussi !
J’ai toujours reconnu que mes apparences ne convenaient jamais à mes aspirations
courantes, à ma passion au rangement et à l'arrangement. Subséquemment, je n’accordais guère d’importance à ma grande et impardonnable liberté d'allure et à mes apparences indifférentes,
viscéralement insoucieuses à tout ce que les lieux imposaient à ma présence que je partageais avec ses regards volés avec la complicité de ma reculade habituelle qui ne me conseillait aucune
sympathie envers ses fixations insanes. Je fuyais son attention pour quelque temps en glissant dehors, afin de rêver, le temps d’une cigarette, à ma thébaïde du soir, à mon vide commode, à ma
piaule tiède où je me réfugierais, temporairement, loin de l'éternelle giboulée de bêtise humaine.
Obligeante, plaisante. Mlle Foedera semblait jouir du succès de la femme la plus
convoitée de l’entourage. On la voyait sourire jovialement à tous les langages flatteurs, aux paroles d’usage matinal que chacun lui prodiguait pour marquer sa présence. Moi, je demeure là,
retiré n’ayant que peu d’intérêt.
Depuis quelque temps, et cela fut sans aucune introduction. Tout a bizarrement
changé.
Et tout a commencé un jour d’hiver. Étant plongé dans la monotonie de mes journées.
Après être demeuré silencieux un moment, je repris conscience, ouvert les yeux, redécouverts, sous une vision nouvelle, son adorable silhouette en train de commettre l’une de ses rondades
spasmodiques avant qu’elle ne lance en ma direction un regard impertinent qui m’enduisit, de la tête aux pieds, de cendre liquide, m’aplatit puis me jeta aux supplices de la géhenne de
mes pires pensées.
Je ne sais en vérité s’il ne faut pas attribuer à ce nouveau mode écoespèce de
communication, né du triste hyménée conclu de son parfait dédain avec mon arrogance martiale, le genre de subtilité d’esprit qui me permet d’appréhender en
cet instant ce que j’ai éprouvé toute ma vie : L'univers de la femme est un univers de douceur, de finesse et de complaisance. Ses ordres sont des caresses, ses menaces sont des
pleurs.
Ce jeu mystique de mon imagination ne m’étonnerait pas, s’il n’était
accompagné d’une sorte de mépris pour mes souffrances et pour mes joies passées. Vue à distance, ma vie est comme rétrécie par un phénomène mental. Cette longue et pesante souffrance qui a duré
trois ans peut à cet instant se refaire par quelques expressions dans lesquelles la douleur ne sera plus qu’une idée, et le plaisir une perspective philosophique. Je suppute, au lieu
d’éprouver, mais, avec transport, car là, je suis en train de vivre, je raisonne, je souffre, je suis ému, j’aime par le regard. Celui qui, comme moi, saura sentir par l'oeil ressent, à
contempler les beaux êtres, la même joie effilée, raffinée et intense.
Tim Buckley – I Never Asked to be Your
Mountain : Je ne sais pourquoi j’essaye toujours
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